L’éjaculation précoce est un problème intime dont on a parfois du mal à cerner la cause, car il peut dépendre de nombreux facteurs. Une chose est sûre, les positions sexuelles ne sont pas « responsables » de ce trouble. Toutefois, elles peuvent avoir une influence, soit en l’aggravant, soit en l’atténuant. Faisons ici le point sur les différentes positions amoureuses et leur impact sur l’éjaculation prématurée.

Position sexuelle et tension musculaire

Un certain nombre de positions sexuelles ont tendance à précipiter l’éjaculation, car elles créent des tensions musculaires trop importantes.

Au cours d’un rapport sexuel, des tensions se forment en effet dans tout le corps et s’intensifient à mesure que l’excitation augmente. Ces tensions musculaires peuvent être accentuées par votre position corporelle et par votre façon de bouger pendant l’acte. Par exemple, si vous devez soutenir votre propre poids avec les bras, si vous devez contracter les abdominaux, si vous devez retenir votre souffle, etc. En agissant de la sorte, l’éjaculation risque de se produire plus rapidement.

Comment expliquer cela ? Eh bien, la cause est physiologique : lorsque la tension musculaire est à son paroxysme, l’homme atteint le « point de non-retour ». Les muscles du périnée (muscle PC notamment), de l’urètre et d’autres organes se contractent alors de manière saccadée. Ces spasmes entraînent l’émission de sperme : c’est l’éjaculation. Ce qu’il faut comprendre, donc, c’est qu’en adoptant une posture tendue, vous risquez d’amplifier cette tension musculaire, d’accélérer la perte de contrôle et de précipiter l’éjaculation.

Position sexuelle et stress de performance

Certaines positions sexuelles amplifient ce qu’on appelle le stress de performance, c’est-à-dire la peur de ne pas être à la hauteur. Par exemple, chez certains hommes, il peut s’agir de positions qui font partie de leurs fantasmes.

En adoptant une posture qu’il trouve particulièrement excitante, l’homme craint dès le départ de ne pas réussir à se contenir longtemps. Ainsi, en redoutant cette éventualité et en lui portant une attention démesurée, il se crispe et l’éjaculation arrive plus vite. En ce qui me concerne, j’ai vécu cette situation désagréable plus d’une fois, notamment en pratiquant la levrette…

Bien entendu, d’autres cas existent concernant le stress de performance. Il peut s’agir par exemple d’une position ayant une importance particulière pour la partenaire. Dans ce contexte, l’injonction à la réussite est une nouvelle fois très présente et risque de provoquer l’éjaculation précoce.

Vous l’aurez compris, les positions qui impliquent de l’anxiété sont propres à chacun, car tout le monde n’a pas la même perception des situations. Je suis sûr que vous êtes capable d’identifier au moins l’une d’entre elles au moment où vous lisez cet article.

Variez les positions et favorisez celles qui permettent la détente

De manière générale, pour éviter l’éjaculation précoce, il est préférable de favoriser les positions sexuelles dans lesquelles vous êtes détendu. Ainsi, vous pourrez être à l’écoute des signaux corporels qui annoncent, chez vous, l’imminence de l’éjaculation. Vous pourrez apprendre progressivement à mieux vous connaître, et par conséquent, à mieux vous contrôler.

Attention toutefois, cela ne signifie pas être complètement passif : si votre partenaire prend les rênes, vous risquez de vous faire submerger par l’excitation et donc d’éjaculer trop vite. Si cela se produit, un conseil, « cassez » la spirale qui vous mène tout droit vers l’éjaculation en changeant de position ou en bloquant le bassin de votre partenaire de manière à reprendre la main sur les va-et-vient. et d’imprimer votre rythme.

Quelles sont les positions à privilégier au lit ?

Concrètement, quelles sont les positions à privilégier quand on est éjaculateur précoce ? En voici quelques-unes :

  1. L’andromaque : pour pratiquer la position d’andromaque, l’homme doit être allongé sur le dos et sa partenaire doit être assise sur lui, à califourchon. L’andromaque est recommandée en cas d’éjaculation précoce, car l’homme ne soutient pas son propre poids. Il peut en même temps relâcher tous ses muscles et prendre le temps d’être à l’écoute de son corps.
  2. La cuillère : dans le cadre de la position de la cuillère, l’homme est allongé sur le côté derrière sa partenaire, elle-même allongée sur le côté également. La position de la cuillère est une position relativement passive pour l’homme puisqu’elle n’implique pas de soutenir le poids de son corps ni celui de sa partenaire. L’homme est détendu, il n’y a donc aucune tension physique engendrée par la posture.
  3. Les positions debout : plusieurs positions où l’homme est debout, telles que les ciseaux, le cadenas, le ventilateur, la sirène ou encore l’échelle, sont intéressantes à pratiquer dans le cadre de l’éjaculation précoce. En effet, l’avantage de ces positions, c’est que l’homme est fermement en appui sur ses pieds, et donc parfaitement en équilibre. Il ne lui est pas nécessaire de soutenir le poids de son corps de façon acrobatique. Ainsi, il relâche une grande part des pressions musculaires tout en gardant le contrôle.

Je vous invite à tester ces différentes positions et à trouver vous-même celle qui aura l’effet le plus « retardant ».

Quelles sont les positions à éviter ?

Si certaines positions sont particulièrement adaptées aux personnes souffrants d’éjaculation précoce, d’autres sont, à l’inverse, déconseillées. En voici quelques-unes :

  1. Le missionnaire : le missionnaire est la position sexuelle la plus connue. La femme est allongée sur le dos, et l’homme se positionne sur elle. La position du missionnaire, malgré son aspect très répandu, n’est pas recommandée pour les éjaculateurs précoces. En effet, elle implique des tensions musculaires importantes puisqu’elle demande à l’homme de maintenir le poids de son corps avec les muscles des bras tout en effectuant des mouvements de va-et-vient avec le bassin.
  2. La levrette : en levrette, la femme se trouve à 4 pattes et l’homme se positionne à genoux derrière elle pour la pénétrer. La levrette est déconseillée aux éjaculateurs précoces, car elle implique une pénétration profonde. Elle intensifie les sensations de l’homme et fait généralement monter l’excitation encore plus rapidement.
  3. Les positions acrobatiques : l’ensemble des positions quelque peu acrobatiques, telles que le grand écart, l’étreinte du panda ou encore l’arbre défendu ne sont pas conseillés dans le cadre de l’éjaculation précoce. Ces dernières demandent d’importants efforts musculaires à l’homme pour soutenir son propre poids, et parfois simultanément celui de sa partenaire. Les tensions musculaires sont donc à leur maximum !

Mon témoignage d’ancien éjaculateur précoce

Éviter certaines positions sexuelles parce qu’elles engendrent une pression musculaire trop forte… c’est selon moi prendre le problème à l’envers. Certes, c’est une solution confortable et ça peut fonctionner. Mais c’est aussi, en quelque sorte, une façon de baisser les bras en se disant que parce qu’on est éjaculateur précoce, on ne peut pas faire autrement que de s’interdire certaines positions.

Réfléchissez-y. Voyez plus loin que l’instant présent. Vous voulez vraiment vous priver de toute une partie des plaisirs sexuels qui s’offrent à vous, uniquement pour ne pas éjaculer trop vite ?

La solution, c’est, comme je l’ai fait, de reprendre le contrôle sur votre corps ! Il n’y a pas de honte à être éjaculateur précoce. Contrôler son éjaculation, ce n’est pas inné. En vous exerçant à réaliser certaines habiletés corporelles (respiration adéquate, mouvements adéquats), vous réussirez à retarder le point de non-retour, à durer plus longtemps au lit et à offrir à votre partenaire un véritable orgasme. Et ce dans n’importe quelle position…

Fred
Auteur

Fred