Parmi les méthodes utilisées pour prolonger le plaisir sexuel, il existe ce qu’on appelle l’injaculation. De quoi s’agit-il exactement ? Est-ce vraiment bénéfique ? Quel est mon avis sur le sujet ? Faisons le point sur « l’orgasme à sec ».

Les origines de l’injaculation

L’injaculation est une technique d’origine orientale connue depuis très longtemps. Elle fait partie du sexe tantrique. Elle a été remise en avant récemment par un célèbre maître taoïste du nom de Mantak Chia. Dans son ouvrage « L’homme multi-orgasmique » publié en septembre 2010, il enseigne cette pratique ancestrale.

L’injaculation consiste à faire en sorte que l’éjaculation n’ait pas lieu. Il s’agit, plus précisément, d’empêcher la contraction réflexe de la prostate qui précède l’expulsion du sperme par l’urètre. Pour cela, il est nécessaire d’utiliser une technique que nous allons détailler plus loin dans cet article.

Les bienfaits de cette méthode

L’un des avantages de l’injaculation est, vous l’aurez deviné, de prolonger la durée de l’acte sexuel. En stoppant le processus éjaculatoire tout en maintenant l’érection, l’homme offre à sa partenaire un rapport plus long. En temps normal, éjaculer signe la fin du coït, c’est physiologique. En « contournant » ce réflexe, il serait donc possible de durer plus longtemps au lit.

L’injaculation est aussi présentée comme un moyen d’obtenir plusieurs orgasmes consécutifs. En effet, l’éjaculation n’a pas lieu, certes, mais l’orgasme, lui, est bien atteint : c’est « l’orgasme à sec ». De plus, en l’absence d’éjaculation, la période réfractaire est évitée. L’érection est conservée et le pénis reste sensible aux stimuli sexuels. Cela laisse donc la possibilité de remettre le couvert et de profiter à nouveau des plaisirs de l’orgasme.

Pour les adeptes du taoïsme (philosophie chinoise), l’injaculation permettrait également de gagner en vitalité. Lors d’un orgasme avec éjaculation, vous vous êtes sûrement déjà senti « vidé » de votre énergie. L’éjaculation est en effet connue pour s’accompagner d’un état de fatigue, lié à une chute soudaine de la tension sexuelle. Dans la doctrine tantrique, il est donc recommandé de ne pas éjaculer trop souvent afin de conserver un taux de testostérone élevé et, ainsi, de préserver son énergie vitale.

Comment pratiquer l’injaculation ?

La pratique de l’injaculation repose, tout d’abord, sur la maîtrise du muscle pubo-cocyggien, appelé aussi muscle PC. Le muscle pubo-cocyggien se situe au niveau du périnée, entre l’anus et les testicules. Pour mieux le visualiser, il vous suffit de retenir votre jet d’urine, lors de la miction. En effet, lorsque vous jouez à ce qu’on appelle familièrement le « stop pipi », vous faites travailler votre muscle PC. Le muscle pubo-cocyggien joue un rôle important dans l’éjaculation : sa contraction par saccades déclenche l’expulsion du sperme. En apprenant à mieux contrôler ce muscle, à le contracter avant le point de non-retour, il est possible de retarder l’éjaculation.

L’injaculation nécessite également d’avoir recours à un point de compression. Ce dernier, appelé parfois « point Jen-Mo » ou « point Hui Yin », se situe entre l’anus et le scrotum. Il suffirait de le presser fermement durant quelques secondes à l’approche de l’éjaculation, avant le point de non-retour.

point Jen Mo

L’objectif est ici d’empêcher le sperme de se diriger vers l’urètre. Le liquide séminal n’est pas expulsé et reste donc « bloqué » à mi-chemin, au niveau de l’ampoule du canal déférent. Celle-ci se situe juste avant la jonction avec la vésicule séminale, c’est-à-dire en amont des canaux éjaculateurs.

appareil génital masculin

En complément, certaines techniques de respiration peuvent aider à réaliser correctement l’exercice. Parmi elles, on retrouve la respiration ventrale. Elle consiste à inspirer par le nez en gonflant le ventre et à expirer lentement par la bouche, en chassant un maximum d’air de l’abdomen.

Les dangers de l’injaculation

Aucune recherche scientifique sérieuse n’existe, à ma connaissance, au sujet des risques de l’injaculation. Les rares témoignages de praticiens de santé que j’ai pu recueillir sur le web divergent.

Certains affirment que la pratique de l’injaculation est totalement inoffensive. Le seul risque réel de cette pratique sexuelle serait donc d’échouer par manque d’entraînement. D’autres cependant disent que le reflux de sperme provoqué par l’injaculation pourrait, dans certains cas, entraîner des congestions au niveau du bas ventre, voire des inflammations des canaux référents ou de la prostate (déférentite ou prostatite).

Quoiqu’il en soit, la majorité s’accorde à dire que l’injaculation devrait rester une pratique ponctuelle. Il faut d’ailleurs noter que dans les cultures tantriques et taoïstes, cet exercice est enseigné dans le cadre d’une approche spirituelle complète. Il ne se pratique pas de façon isolée.

Mon avis sur l’injaculation

Je n’ai jamais pratiqué l’injaculation moi-même. Je ne remets pas en cause son efficacité, toutefois, je suis sceptique quant à son intérêt pour les éjaculateurs précoces.

Je tiens tout d’abord à vous mettre en garde sur une chose : l’injaculation, ça n’a rien de magique. Il s’agit d’une technique qui, visiblement, demande énormément d’entraînement. Son apprentissage nécessite du temps et des efforts considérables. Il ne faut donc pas penser que l’injaculation est la solution unique à votre problème, et qu’il est possible d’arrêter d’éjaculer vite du jour au lendemain.

Ensuite, je pense qu’elle est davantage adaptée aux hommes en quête de performance sexuelle qu’aux hommes souffrant d’éjaculation précoce. Je m’explique. En concentrant toute son attention à empêcher son éjaculation, on accentue l’angoisse de performance, ce qui va à l’encontre de la détente musculaire dont, précisément, les éjaculateurs précoces ont besoin pour ne pas éjaculer trop vite.

Enfin, j’ai l’impression que la médecine conventionnelle manque de recul sur le sujet. Ce qui ne fait qu’accentuer mes réserves.

Encore une fois, je ne peux que vous recommander, plutôt que l’injaculation, une véritable rééducation dispensée par un sexologue. Comme celle que proposent les deux sexologues Alexandra Subin et Pascal de Sutter.

Fred
Auteur

Fred