Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous parler d’éjaculation précoce. En effet, la précocité n’est pas le seul trouble en lien avec l’éjaculation. J’aimerais profiter de ce blog pour faire le point sur les autres problèmes qui peuvent survenir. Généralement méconnus, ils sont eux aussi, parfois, sources de honte et d’incompréhension pour ceux qui en souffrent.

L’anéjaculation

Qu’est-ce que l’anéjaculation ?

L’anéjaculation, qui est une forme « poussée »  d’éjaculation retardée, correspond tout simplement à l’absence d’éjaculation. Dans le cadre de l’anéjaculation, appelée aussi aspermie, l’homme concerné est parfaitement capable de ressentir de l’excitation et d’avoir une érection. Il peut également prendre du plaisir lors d’un rapport sexuel. Le problème survient cependant au moment de la jouissance. La personne souffrant d’anéjaculation est incapable d’éjaculer, ou éjacule avec beaucoup de difficultés.

L’anéjaculation peut prendre des formes diverses. Certains hommes arrivent à éjaculer seuls, mais non dans le vagin de leur partenaire. D’autres arrivent à éjaculer, mais uniquement après de très longues stimulations. D’autres encore ne parviennent tout simplement pas à éjaculer ni même à atteindre l’orgasme. Il existe aussi des formes d’éjaculation dite « baveuse » : le sperme est expulsé, mais non sous forme de jet.

Quelles sont les causes ?

Les causes biologiques sont rarement mises en avant. Dans certains cas rares, l’anéjaculation peut trouver son origine dans le diabète, ou dans certaines maladies sexuellement transmissibles, voire dans certains troubles de la moelle épinière. La prise de médicaments, la consommation d’alcool ou de drogue peut également être évoquée. Cependant, dans l’immense majorité des cas, l’anéjaculation ne relève pas d’une cause physique, mais psychologique.

De manière souvent inconsciente, l’anéjaculation est liée à un blocage. Il peut, par exemple s’agir de la peur d’une grossesse non désirée, ou tout simplement d’une anxiété liée au rapport sexuel de manière générale. Dans certaines situations, l’anéjaculation peut également avoir pour cause un évènement traumatisant du passé, ou un manque d’attrait pour sa partenaire. Parfois, les causes sont particulièrement difficiles à déceler, car plusieurs d’entre-elles peuvent s’entremêler.

Quelles sont les solutions ?

Dans le cadre d’anéjaculation liée à des causes biologiques, la solution sera bien sûr dans le traitement du mal correspondant. Cependant, pour soigner l’anéjaculation découlant de causes psychologiques, il est recommandé de consulter un sexologue, ou un psychologue.

D’autres moyens peuvent s’avérer utiles pour lutter contre l’anéjaculation. Parmi ces dernières, on retrouve la relaxation, qui permet d’apprendre à lâcher-prise et à ne pas chercher à tout contrôler. Les techniques de thérapies corporelles et les techniques de thérapies comportementales sont également réputées efficaces en cas d’anéjaculation.

L’éjaculation rétrograde

Qu’est-ce que l’éjaculation rétrograde ?

L’éjaculation rétrograde se caractérise par un parcours inversé du sperme lors de l’éjaculation. En effet, au lieu de sortir naturellement par l’urètre, le sperme remonte en direction de la vessie.

Dans le cadre d’une éjaculation dite normale, le sperme va de l’intérieur vers l’extérieur. Partant des testicules, il transite par les vésicules séminales, puis la prostate, avant d’être expulsé via l’urètre. Lors de son trajet interne, le sperme rencontre un petit canal fermé par le sphincter de la vessie. En cas d’éjaculation rétrograde, ce fameux canal est généralement ouvert, et le précieux liquide, en partie, ou dans son ensemble, s’y engouffre.

Pour ceux qui le vivent, l’éjaculation rétrograde est non seulement une souffrance psychologique, mais également parfois un problème pour concevoir. En absence d’expulsion de sperme, il est bien entendu difficile de procréer même si des solutions existent. Les conséquences sont donc également physiologiques.

Quelles sont les causes ?

Le problème de l’éjaculation rétrograde intervient principalement chez les hommes ayant été opérés de la prostate. Lors d’une intervention chirurgicale au niveau de la prostate, il est possible d’altérer le sphincter sensé fermer le canal évoqué ci-dessus. Cette lésion a généralement lieu lorsque le tissu prostatique est retiré, ce qui a lieu en cas d’adénome de la prostate.

Plus rarement, d’autres interventions chirurgicales peuvent être à l’origine de l’éjaculation rétrograde. Parmi ces dernières, on retrouve la chirurgie pelvienne ou encore les endoscopies. Ces interventions peuvent abîmer la partie du système nerveux liée au sphincter. Certaines maladies auto-immunes, telles que la sclérose en plaques, peuvent également en être à l’origine.

Quelles sont les solutions ?

Il n’existe pas de traitement pour guérir définitivement le problème de l’éjaculation rétrograde en lui-même. Cependant, plusieurs médicaments peuvent traiter la cause de l’éjaculation rétrograde et donc agir sur cette dernière. Par exemple, lorsque les altérations du sphincter sont nerveuses, certains antidépresseurs peuvent s’avérer efficaces.

De même, il existe des moyens de traiter les conséquences de l’éjaculation rétrograde sur la fertilité. Face à la difficulté à procréer, il est en effet possible de prélever des spermatozoïdes dans les urines. Une centrifugeuse est alors utilisée pour collecter les gamètes contenues dans la miction.

L’éjaculation sanglante

Qu’est-ce que l’éjaculation sanglante ?

Dans le vocabulaire médical, l’éjaculation sanglante se nomme hémospermie. L’hémospermie est la présence de sang dans le sperme au moment de l’éjaculation.

En cas d’hémospermie, le sperme peut s’avérer seulement légèrement rosé, comme entièrement rouge, ou d’un aspect brunâtre. Cette couleur varie en fonction de la quantité de sang expulsée, et de son ancienneté dans l’organisme.

Dans quelques rares cas, l’hémospermie ne se repère pas directement dans le sperme, mais au travers de tâches de sang sur les sous-vêtements. Si tel est le cas, il faut s’assurer que le sang provient bien du liquide séminal, et non de l’urine.

Quelles sont les causes ?

L’éjaculation sanglante est un phénomène impressionnant qui peut générer beaucoup d’inquiétude. Heureusement, dans la plupart des situations, l’hémospermie est un mal bénin dont il est difficile de déterminer avec certitude la cause. On suppose cependant qu’il s’agit d’une rupture anodine d’une petite veine, ou la conséquence d’une inflammation locale.

Plus rarement, l’hémospermie peut être le signe d’une prostatite, d’un adénome, ou encore d’un cancer. Cependant, dans ces circonstances, l’éjaculation sanglante s’accompagne souvent d’autres symptômes tels que de la fièvre ou encore de douleurs lors de la miction. Dans tous les cas, il est toujours préférable de consulter un professionnel de santé en cas d’hémospermie, surtout si cela se reproduit.

Quelles sont les solutions ?

Lorsque l’éjaculation sanglante est bénigne, elle disparaît la plupart du temps, spontanément, en quelques semaines. Aucun traitement ni geste spécifique n’est alors nécessaire. Cependant, quand l’éjaculation sanglante relève d’une cause physiologique plus grave, il  convient de traiter l’origine du problème. Ce traitement varie bien sûr en fonction de la maladie en question.

L’éjaculation douloureuse

Qu’est-ce que l’éjaculation douloureuse ?

L’éjaculation douloureuse se caractérise par une douleur plus ou moins intense au moment de l’éjaculation. Cette douleur est décrite différemment en fonction des patients. Elle n’apparaît pas non plus toujours au même endroit ni de la manière.

En effet, chez certains, la zone douloureuse est le pénis, tandis que chez d’autres, il s’agit plutôt des testicules, du rectum, ou de l’abdomen. De même, certains hommes ressentent cette douleur immédiatement après l’éjaculation, et d’autres ne la voient apparaître que plusieurs heures plus tard. Elle peut durer de quelques secondes à 5 minutes, selon les patients.

Quelles sont les causes ?

Les causes de l’éjaculation douloureuse sont multiples. Dans certains cas, l’éjaculation douloureuse est due à une maladie sexuellement transmissible comme la chlamydia, ou à une infection de l’épididyme (épididymite), un organe qui fait la jonction entre le testicule et la prostate.

Dans d’autres situations, l’éjaculation douloureuse peut être le signe d’une obstruction au niveau des canaux éjaculateurs, ou encore à une hypertrophie de la prostate. La prise de certains antidépresseurs peut également avoir comme effet secondaire l’épididymite.

Seul un professionnel de santé est en capacité de déterminer l’origine de la douleur. Pour cela, il prendra en compte les diverses modalités d’apparition de la douleur en question.

Quelles sont les solutions ?

Pour venir à bout de l’éjaculation douloureuse, il faut en traiter la cause. Le traitement ne sera pas le même en fonction de l’origine décelée. Dans certains cas, il pourra s’agir de la prise d’antibiotiques. Dans d’autres, ce sera plutôt une opération chirurgicale. En complément, des antidouleurs peuvent également être prescrits afin d’atténuer les symptômes.

Pour prévenir le problème de l’éjaculation douloureuse, il est bien entendu recommandé d’avoir des rapports sexuels protégés. Le port du préservatif évite de nombreuses maladies sexuellement transmissibles. Certaines, bien que bénignes, peuvent s’avérer douloureuses au quotidien.

Une fois encore, seul un médecin sera en possibilité de proposer un traitement adapté à la situation. En cas d’éjaculation douloureuse, il est donc recommandé de consulter un professionnel.

Fred
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Fred